Google est visé par une plainte de cinq organisations françaises auprès de l’Union européenne. Elles contestent l’usage de leurs contenus dans AI Overviews et AI Mode, deux outils qui modifient la visibilité des sites.
La plainte porte sur l’accès aux contenus en ligne, leur contrôle et les effets possibles sur le trafic. En mars 2024, l’Autorité de la concurrence avait déjà infligé 250 millions d’euros d’amende à Google, notamment pour l’usage de contenus de presse dans Bard. Ce précédent éclaire les enjeux de concurrence numérique.
En bref
- Cinq organisations françaises ont saisi la Commission européenne le 29 octobre 2026.
- La plainte rejoint une enquête formelle ouverte le 9 décembre 2025.
- Les organisations évoquent des baisses de trafic, sans publier de chiffres.
- Search Console permet d’exclure un site des réponses IA de Google.
La plainte des éditeurs élargit l’enquête européenne
Le CPA, la FNPS, le Geste, le SEPM et le Spiil ont déposé leur plainte auprès de la Commission européenne. Leur démarche vise AI Overviews et AI Mode, disponibles en France depuis le 22 juillet 2026. Les organisations reprochent à Google un déploiement sans concertation et contestent l’absence de maîtrise effective des contenus. Elles estiment que les réponses générées peuvent satisfaire une recherche sans visite vers le site éditeur.
Bruxelles enquête depuis le 9 décembre 2025 sur l’usage des contenus en ligne et des vidéos YouTube. La Commission examine aussi la rémunération des éditeurs et leur capacité à refuser cet usage sans perdre leur présence dans la recherche. Une infraction aux règles de concurrence peut entraîner une amende maximale de 10 % du chiffre d’affaires mondial annuel. Pour mesurer les effets de l’IA sur la visibilité, consultez aussi cette analyse sur la visibilité des marques dans Gemini.
Les baisses d’audience restent sans mesure publique
Les cinq organisations disent avoir comparé trafic, visibilité, notoriété et abonnements avant et après le lancement français. Elles rapportent des reculs variables selon les sites et les pages. Aucun pourcentage n’a toutefois été publié, et la plainte complète n’est pas accessible. Cette absence de données empêche de distinguer, pour l’instant, les effets propres aux réponses IA des variations saisonnières ou éditoriales.
Pour un éditeur, la bonne décision commence par une mesure interne, pas par une réaction générale. Comparez des périodes de même durée et les mêmes semaines de l’année précédente. Classez les URL par format, puis rapprochez clics, impressions et conversions. Les indicateurs de performance éditoriale aident à relier l’audience aux demandes commerciales ou aux abonnements. Une baisse de clics peut coexister avec une hausse des impressions IA.
Découvrez également : la visibilité locale dans les réponses des IA.
Les réglages Google n’ont pas tous la même portée
Depuis le 31 août 2026, Search Console propose une exclusion des réponses IA pour toute une propriété. Google indique que ce réglage retire aussi le site de Discover, sans affecter les résultats classiques. Il agit sous un à deux jours, mais ne permet pas de sélectionner certaines pages. Le choix peut donc protéger des contenus, tout en supprimant une source potentielle de visites.
| Réglage | Effet sur les réponses IA | Effet sur la recherche classique |
|---|---|---|
| Exclusion Search Console | Retrait des fonctions IA | Aucun effet annoncé |
| Google-Extended | Ne bloque pas AI Overviews | Aucun effet annoncé |
| Nosnippet ou max-snippet | Limite le texte repris | Réduit ou supprime l’extrait |
| Blocage Googlebot ou noindex | Retire les pages | Retire aussi les pages |
Google-Extended concerne l’entraînement des modèles Gemini et l’ancrage des réponses hors recherche. Il ne bloque pas l’indexation dans Google Search. Avant tout changement, lisez les recommandations sur le référencement des réponses IA. Le choix dépend de la valeur réelle des visites perdues ou conservées.
Les équipes SEO doivent documenter leurs arbitrages
Les éditeurs, agences et entreprises peuvent appliquer une méthode commune. Gardez une trace datée des données, des réglages et des décisions. Cette discipline facilite les échanges entre direction, équipe SEO et prestataire. Elle évite aussi de confondre une évolution du trafic avec une baisse de la demande ou un changement technique.
- Comparez des périodes équivalentes avant et après le 22 juillet.
- Segmentez les guides, pages de service et fiches produits.
- Suivez séparément clics, impressions et conversions.
- Vérifiez qui détient l’accès administrateur à Search Console.
Les prestataires doivent présenter les limites de chaque option, sans promettre un retour automatique du trafic. Les entreprises peuvent compléter ce suivi par une réflexion sur les pratiques d’innovation marketing. La plainte ne tranche pas encore le débat sur les droits d’auteur, mais elle renforce la pression réglementaire sur les usages de l’IA.
La décision européenne pourrait prendre du temps
Aucune échéance de décision n’est annoncée pour l’enquête de la Commission. La plainte française ajoute des éléments aux démarches déjà engagées par des organisations européennes et françaises. En août 2026, l’Alliance de la presse d’information générale avait aussi saisi l’Autorité de la concurrence. Le dossier porte donc sur un équilibre concret : accès à la recherche, réutilisation des contenus et partage de valeur.
Pour les entreprises, l’incertitude juridique ne suspend pas les choix opérationnels. Mesurez l’exposition de vos pages, puis arbitrez selon leur rôle dans vos revenus. Les éditeurs de logiciels et les médias peuvent aussi suivre les enjeux de l’édition de logiciels liés à l’IA. La qualité des données internes pèsera davantage que les annonces générales.
Pour aller plus loin
- Développer les citations dans les réponses des LLM
- Comparer les agences de gestion de communauté Reddit
- Comprendre les enjeux SEO des cabinets d’avocats
- Analyser les performances d’une stratégie de contenu
Qui a déposé la plainte contre Google ?
Le CPA, la FNPS, le Geste, le SEPM et le Spiil ont déposé leur plainte le 29 octobre 2026 auprès de la Commission européenne.
Que reprochent les organisations à AI Overviews et AI Mode ?
Elles dénoncent l’utilisation de contenus en ligne sans transparence suffisante et craignent une baisse des visites vers les sites éditeurs. Aucun chiffre public ne quantifie ces pertes.
Google-Extended exclut-il un site des réponses IA ?
Non. Ce jeton ne retire pas les pages des réponses de Google Search. Il concerne certains usages liés aux modèles Gemini.
Quand la Commission européenne rendra-t-elle sa décision ?
Aucune date n’est fixée. L’enquête ouverte le 9 décembre 2025 ne comporte pas d’échéance de décision annoncée.

